Harihara

Cambodge, province de Ta Keo, Phnom Da, Asram Maha Rosei

Époque préangkorienne, Style du Phnom Da
VIIe siècle
Grès
H : 178 cm
Mission E. Aymonier, 1882-83
MG 14910

 

Cette sculpture semble être, en l’état actuel des connaissances, l’une des plus anciennes représentations khmères de Harihara, divinité mi-Visnu (Hari) à gauche, avec la tiare, et le disque, mi-Shiva (Hara) à droite, avec le chignon d’ascète au croissant de lune, le vêtement en peau de tigre et le trident. A ce stade, déjà, avec le style du Phnom Da au VIIe siècle, l’art khmer adopte le hiératisme et la frontalité qui lui seront propres. Cependant il associe la stylisation à un modelé réaliste très sensible et doux : le buste, par exemple, renvoie à des sculptures indiennes post- Gupta des VIe-VIIe siècles. Emanant toutes d’un contexte visnuïte, les oeuvres du style du Phnom Da présentent des caractéristiques parfois antinomiques : torse mince, abdomen légèrement relâché, visage ovale stylisé, chevelure au traitement réaliste tombant dans le dos...

L’arc de soutient -subsistant à la partie supérieure de la sculpture- qui reliait les bras à la tête et qui entourait à l’origine complètement le dieu, témoigne des précautions dont les sculpteurs entouraient la réalisation de leurs oeuvres à l’époque préangkorienne. Issu de tendances syncrétiques au sein de la religion brahmanique, le dieu Harihara revêt une grande importance durant cette période il assure aux fidèles la double protection de Visnu et de Shiva.

Cette époque, englobe plusieurs styles qui se chevauchent parfois. Par cette diversité, elle s’oppose à l’époque angkorienne pendant laquelle l’homogénéité des styles sera plus marquée.