Archives photographiques

 

Les archives photographiques du musée furent créées en 1920 par Victor Goloubew (1878-1945), Membre permanent de L’École Française d’Extrême Orient à partir de 1925.

Spécialisées dans les domaines de l’art et de l’archéologie de l’Asie, elles sont avantageusement complétées par de nombreux fonds à caractère ethnographique, sur la deuxième moitié du XIXe et le début du XXe siècle. On retrouve cette complémentarité des sujets sur l’ensemble de cette période, l’archéologie et les arts asiatiques prédominant à l’approche de l’époque contemporaine.

 
 

Les photographies des oeuvres du musée forment un ensemble en soi, indissociable de l’histoire des différentes présentations muséographiques qui, au cours du temps, ont contribué à la mise en valeur des collections.

Les plus anciennes photographies des archives sont réunies dans un très bel album de style Qadjar sur la Perse (1858-1861). Celui-ci a été composé par le Lieutenant-colonel Victor-François Brongniart (1809-1868) à partir de miniatures persanes, de calligraphies, de gravures et d’une majorité de photographies signées Frances Carlhian (1818-1870), Antonio Gianuzzi (1819-à Téhéran en 1852) ou Luigi Pesce (en Perse en 1848-1864).

À l’exception de cette pièce, unique en soi, sur le Moyen-Orient, les civilisations de l’Inde, des pays indianisés et de l’Extrême-Orient sont richement représentées. Un premier ensemble, composé de photographies signées Samuel Bourne (1834-1912) et Bourne & Shepeard, illustre l’Inde.

Un deuxième, dont les auteurs sont Charles Thomas Scowen (vers 1870-1896), Skeen & Co. (vers 1870-1923) ou Plâté & Co. (1890-1974), concerne le Sri-Lanka.

L’arrivée des français en Indochine a suscité le travail de quelques précurseurs, parmi lesquels se distingue Emile Gsell (1838-1879). En 1866, quelques mois après John Thomson (1837-1921), il accompagne à Angkor la Commission d’Exploration du Mékong (1866-1868), dirigée par Ernest Doudard de L’agrée (1823-1868) et Francis Garnier (1839-1873) et photographie les ruines sous de nombreux angles.

Sa production se distingue de celle de Louis Delaporte (1842-1925) ou de Charles Carpeaux (1879-1904) dont le caractère spécialisé constitue un ensemble de toute première importance pour l’étude des monuments khmers dès 1873.

À partir de la fin des années 1850, la diffusion des photographies fut favorisée par une intense activité commerciale des praticiens occidentaux installés dans les principales villes côtières de Chine méridionale et du Japon, ouvertes au commerce international. Thomas Child, M. Miller, Felice Beato (vers 1825-vers 1908), le Baron Raimund von Stillfried-Ratenicz (1839-1911) et un grand nombre de photographes asiatiques ont laissé derrière eux une abondante production de portraits, de paysages, de scènes de la vie quotidienne et de vues d’architectures civiles ou religieuses, dont les archives photographiques du musée peuvent aujourd’hui témoigner.

Les photographies des premières missions archéologiques françaises en Chine rapportées par Edouard Chavannes (1865-1918) en 1907, Paul Pelliot (1878-1945) en 1906-1909, Victor Segalen (1878-1919) en 1914 et 1917, Jean Lartigue en 1923 ou, dans une toute autre ère géographique, par les archéologues de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (D.A.F.A.) -fondée en 1922 par Alfred Foucher (1865-1952), auquel succédera Joseph Hackin (1886-1941)- furent associées à de très importantes découvertes sur les arts asiatiques.
Enfin, les archives photographiques du musée conservent également les fonds de voyageurs ou de fonctionnaires en poste en Asie, qui ont collectionné des épreuves, acquises auprès de professionnels, tout en pratiquant avec assiduité la photographie. C’est le cas d’Auguste François (1857-1935) qui vécut au Tonkin en 1886-87 puis en Chine du sud de 1896 à 1904 et de Louis Marin (1871-1960) qui, en 1899, se rendit à Kashgar à travers le Moyen-Orient et deux ans plus tard, en Corée en passant par la Russie, la Mongolie extérieure et le nord de la Chine.