Premier empire des steppes (Ier-IIIe siècle), celle-ci règne sur un territoire qui va de l’Inde du Nord aux portes du Pamir. Elle se retrouve ainsi au carrefour de trois mondes, la Grèce, la Chine et l’Inde. Le trésor de Begram découvert par Joseph Hackin, en 1937, en apporte la preuve – des verres gréco–romains, des laques de l’époque Han. à côté d’ivoires indiens les plus anciens connus. L’acropole de Surkh kotal en Bactriane afghane, fouillée par Daniel Schlumberger (1952), montre cependant les Kouchans comme des « descendants non méditerranéens des Grecs ».
De l’accord de 1922, entre France et Afghanistan, est née en effet la Délégation archéologique française en Afghanistan. Dès 1924, Hackin fouille Païtava, écho de l’art du Gandhara en terre de Kapisa.. De 1926 à 1928, Jules Barthoux dégage le site de Hadda,, ensemble de monastères qui révèle l’école du stuc gréco-afghan (IVe-Ve siècles). Sur la vieille route de l’Inde, de Bactres à Taxila, Bâmyân enfin paraît au coeur de l’Hindû-Kûsh comme le maillon manquant dans l’espace et le temps, entre l’art du Gandhara que Foucher voyait « gréco-bouddhique », et l’actuel Xinjiang, à l’époque des Turcs occidentaux (VIe-VIIe siècles), quand Fondukistan annonce déjà l’art de la Haute Asie.
CREDITS :
Texte : Pierre Cambon, Conservateur en chef des sections Afghanistan-Pakistan et Corée du musée Guimet.
Ecrit le 4 novembre 2011