La sculpture en bronze de Shiva Natarâja (le "Seigneur de la danse") dans l'exposition "Dieu(x), Modes d'emploi" au Petit Palais

 

Du 25 octobre 2012 au 3 février 2013, le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, en association avec Tempora/Musée de l'Europe, propose un voyage au travers des religions du monde avec l'exposition "Dieu(x), Modes d'emploi".

Dans cette exposition, vous pourrez notamment admirer la sculpture en bronze de Shiva Natarâja, l'un des chefs-d'oeuvre de la section indienne du musée Guimet - qui a  consenti le prêt d'une douzaine d'oeuvres pour l'occasion.

Parmi les manifestations les plus exemplaires de la maîtrise technique des bronziers chola figurent à l'évidence les images de Shiva Natarâja, le "Roi de la Danse", exécutant la danse cosmique qui, par la puissance de ses rythmes, tout à la fois détruit et recrée les mondes - images dont le prototype en bronze pourrait remonter à la fin du IXe siècle ou au début du Xe siècle. Septième des danses cosmiques de Shiva énumérées dans les Agama, la danse dite ânanda-tândava résume les cinq activités fondamentales du dieu : création, conservation, destruction, illusion et grâce. Foulant de son pied droit l'Apasmârapurusha, démon incarnant l'ignorance et le mal, le dieu s'inscrit dans un cercle de flammes (prabhâmandala) évoquant le cosmos et brandit dans ses mains supérieures la flamme symbolisant la destruction et le tambour-sablier à boules fouettantes (damaru), dont les battements rythment la création ininterrompue de l'univers. De sa main droite inférieure, tendue paume en avant, le dieu esquisse le geste de sauvegarde (abhaya hasta), tandis que, de sa main gauche pointée vers sa jambe levée - et prolongeant le mouvement du bras dans le geste dit "de la trompe d'éléphant" (gaja hasta) ou encore "du bâton" (danda hasta) -, il indique au dévot le moyen de s'affranchir du cycle immuable des renaissances (samsâra). On notera, sur l'une des mèches échappées du chignon d'ascète (jatâmukuta) de Shiva, dénoué au rythme de la danse ânanda-tândava, l'effigie discrète de la déesse Gangâ (le Gange), les mains levées en geste d'hommage (anjali)- allusion au mythe célèbre de la "Descente du Gange", fleuve au cours jadis céleste, dont Shiva consentit à recevoir les flots tumultueux sur l'une des mèches de sa chevelure, afin d'éviter qu'ils ne se déversent sur la terre en cataracte.

Image de culte abritée dans un temple consacré à Shiva, l'oeuvre était, lors de grandes fêtes religieuses, portée en procession et offerte à la vue des fidèles, comme en témoignent les trous pratiqués dans le socle de la statue et permettant de la fixer sur le char cérémoniel (ratha).

 


 

Informations pratiques

Du 25 octobre 2012 au 3 février 2013

Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
01 53 43 40 00

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture des caisses à 17h.
Nocturne le jeudi jusqu'à 20h pour les expositions temporaires.
Fermé le lundi et les jours fériés.



Lien

Le site internet du Petit Palais

 


CREDITS

Texte : Amina Taha-Hussein Okada, conservateur en Chef au musée Guimet, en charge des Arts de l’Inde et des Collections textiles.

Photo : Shiva Natarâja, Epoque chola, XIe siècle, Inde du Sud. Tamil Nâdu (Vellâlagaram ?), Bronze, H. 96; L. 80, Don de C. T. Loo (1928) MG 17471 © Musée Guimet, Paris / Benjamin Soligny / Raphaël Chipault