Harpe de Birmanie (saung gauk) Musique des anciennes cours birmanes.
Accompagnée par U Maung Dwei (flûte palwe) et Ko Kyaw Myo (cymballettes chhing)
« Si l’on voulait assimiler la musique birmane à un aspect culturel plus concret, c’est avec Pagan, l’ancienne capitale, qu’il convient de faire la comparaison ; cette véritable forêt de plusieurs centaines de temples aux innombrables fresques murales et statues de Bouddha, ces mille
éclosions de motifs floraux sculptés sur la pierre, ces architectures aussi variées que grandioses sont à l’image éblouissante de la richesse inouïe de cette musique dont l’écho s’est à peine amoindri au cours des âges. »
Jacques Brunet, ethnomusicologue.
La musique birmane révèle sa couleur à la lumière des différentes influences qui la traversent. C’est au début de notre ère que les influences indiennes se manifestent par l’introduction du bouddhisme sur le territoire birman. Pourtant la musique birmane semble s’être éloignée
quelque peu des consonances de la musique indienne pour se rapprocher d’avantage d’un espace musical homogène englobant la Thaïlande et le Cambodge d’une part, la Malaisie et l’Indonésie d’autre part. Par opposition à la musique de plein air, la musique de chambre se positionne en contrepoint et met en valeur des remarquables instruments naviformes aux tons doux, telle que la surprenante harpe Saung Gauk, le xylophone
Patala et la flûte Palwe dont le son si léger semble s’écouler comme une rivière, soulignant la grâce et le raffinement des ornementations de la harpe. La harpe birmane fut utilisée pour accompagner la voix humaine dans les chants de la Maha Gita. Elle est traditionnellement
jouée par les femmes et utilisée pour accompagner le chant de la musique de chambre d’intérieur.
Aye Su Kyaw, jeune harpiste de 20 ans, a déjà gagné de nombreuses récompenses dans le cadre de la compétition nationale des arts, tant son talent est reconnu par tous et subjugue les foules. Elle a étudié dans la pure tradition birmane avec des harpistes célèbres tels le regretté U Myint Maung, son épouse Daw Khin May et avec la célèbre harpiste Mu Mu Thein (mère de Cho Mu Win). Constante dans sa progression musicale, Aye Su Kyaw est à présent disciple de Daw Khin. Encore considérée comme une musique rare, la musique birmane n’a de cesse de nous surprendre : elle fait certainement partie des expressions les plus originales de toute l’Asie.