L’artiste Jiang Dahai offre une deuxième œuvre au MNAAG pour orner l’escalier monumental de l’hôtel d’Heidelbach. Cette donation fait suite à la Carte blanche qui lui avait été donnée en 2016.

Né à Nankin en 1946, Jiang Dahai est une des figures majeures de l’abstraction en Chine. Successivement formé à l’Académie centrale des beaux-arts de Chine, à Pékin, et à Paris à l’École nationale supérieure des Beaux – Arts, il séjournera vingt-deux ans en France avant de retourner en Chine en 2008.

Sa pratique picturale est à la fois liée à la tradition du paysage de la peinture classique chinoise comme à celle de l’abstraction occidentale. toutefois, dans une inflexion minimaliste et monochrome, il prolonge et renouvelle profondément la nature du dialogue entrepris par les artistes chinois formés à Paris au cours du siècle dernier, tels Zao Wou – Ki et Chu Teh-Chun.

Délaissant le lyrisme calligraphique de ces derniers, s’appuyant sur une connaissance intime de l’art français de Corot, Degas, Cézanne aux Divisionnistes, ou de Morandi et Rothko, Jiang Dahai développe un art à la fois fascinant et vertigineux. Élaboré à partir d’un geste très simple, emprunté à la plus ancienne des traditions chinoises, son travail joue de la goutte de peinture que le peintre laisse sciemment tomber de son pinceau sur le papier.Intitulée Vision subtile, cette œuvre de très grand format, créée spécialement pour être présentée dans cet escalier illustre une caractéristique immanente à l’art chinois présente dans la peinture de Jiang Dahai : la modeste place de l’individu devant l’infinie supériorité de la nature.

À sa culture d’origine viennent se greffer inspirations occidentales et période formatrice française, faisant de l’abstraction de Jiang Dahai le point de rencontre entre le modernisme occidental le plus épuré et la peinture chinoise classique. C’est le résultat d’une longue maturation.
D’abord contrarié par dix années perdues de Révolution culturelle (1966 -1976), le parcours du peintre est aussi sinueux que la capacité de déploiement spatial de ses oeuvres est vaste. Du mur décrépit à l’origine de la révolution artistique de Jiang Dahai à son art d’aujourd’hui, son style a longtemps varié pour finalement atteindre sa forme actuelle depuis une vingtaine d’années. Désormais Jiang Dahai s’attèle à la représentation du souffle, de l’air et de la vision dans ce qu’ils ont de plus propre à définir, le mouvement et l’infini de l’imagination.

Hôtel d’Heidelbach
19 avenue d’Iéna
75116 Paris
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h