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Yosa Buson (1716-1783)Torse de BuddhaStatue monumentale d'un bodhisattva en pierreDivinité féminine - Art khmer, style de Preah KoBodhisattva AvalokitesvaraBuddha marchantHayagrîva et son épouseRoi-gardien ou musicien célesteLa paire de paravents aux chrysanthèmes blancs d'Ogata Kôrin

Hayagrîva et son épouse

Tibet
Fin XVè
début XVIè siècle.
(MA 12 117)

Communiqué de presse

Acquise en 2004, cette œuvre figure Hayagrîva qui, dans le bouddhisme tibétain, est l’un des principaux dieux protecteurs des enseignements (dharmapâla), ainsi qu’une importante divinité tutélaire (ihsta devatâ). Forme courroucée du bodhisattva de la Compassion, Avalokiteçvara, il se manifeste sous de multiples aspects. Il apparaît ici en union (tib.yab-yum)avec son épouse, symbole de sagesse et de connaissance supérieure (prajnâ).

Sa pratique fut transmise au Tibet par Padmasambhava, célèbre maître originaire du nord-ouest de l’Inde, au VIIIè siècle, durant la « Première Diffusion » du bouddhisme dans le pays, puis par Atîça (982-1054), lors de la « Seconde Diffusion », et connut une popularité grandissante au sein de tous les ordres religieux, notamment celui des Gelugpa, auquel appartiennent les Dalaï Lama.

Hayagrîva contrôle l’univers et libère les êtres par la puissance de sa compassion. Son hennissement ébranle les Trois mondes, chasse les démons extérieurs et intérieurs, le dieu purifiant les souillures de l’esprit avec la rapidité d’un cheval au galop.

L’ensemble est en cuivre non allié, doré à l’amalgame de mercure ; seuls les attributs sont en bronze. La technique utilisée est celle de la fonte à la cire perdue. Têtes et corps sont creux, à l’exception de la tête de cheval, des doigts du dieu et des avant-bras de son épouse.

Parmi les riches développements que connaît au Tibet l’iconographie de Hayagrîva, cet aspect ailé en yab-yum, à trois têtes, six bras et quatre jambes est le plus secret et le plus saisissant. L’ordre des Nyingmapa ou « Anciens », qui se réclame de Padmasambhava, voue un culte particulier à cette forme du dieu. Celle-ci semble se développer dans l’art tibétain à partir du XIIIè siècle, mais est rarement illustrée par des sculptures métalliques de cette taille.

Hayagrîva revêt un aspect à la fois dynamique et terrible, selon la tradition iconographique ayant trait aux dharmapâla. Il porte autour des reins une peau de tigre, symbole de la colère transmutée et est coiffé d’un diadème à cinq crânes, enrichi de fleurons incrustés. Les extrémités de ses ailes sont formées par des pointes de vajra ou « foudre-diamant », conformément aux textes mentionnant les « ailes de diamant » du dieu. Dans sa chevelure dressée émerge la tête de cheval qui le caractérise. Il brandit un bâton (danda), seul de ses attributs subsistant aujourd’hui, tandis que ses mains esquissent un geste de menace. Le trou de fixation présent dans sa main gauche indique que celle-ci soutenait à l’origine une coupe crânienne (kapâla). Ainsi que nombre de déesses farouches, la compagne du dieu est, elle, parée d’une guirlande de crânes et d’une peau de léopard, dont la tête est évoquée sur sa cuisse droite. Elle présente à son époux un kapâla empli du nectar de la Félicité.

La fermeture du dépôt de consécration introduit à l’intérieur du corps de Hayagrîva est bien visible au revers de la pièce.

Si l’ensemble, par sa technique et certains aspects de son style, évoque de manière brillante l’art de la vallée de Kathmandou, la puissance qui émane des corps massifs, l’intensité des expressions, témoignent d’un art original, parvenu à sa pleine maturité.

Crédits
© Conception et réalisation musée national des arts asiatiques Guimet, avec le soutien du Crédit Agricole